On ne peut plus être manager et producteur de clips ?
Le Sénat a adopté lors de sa séance du 10 juin le texte relatif au nouveau statut de l’agent artistique. La définition de cette activité, jusque là réduite au placement d’artistes du spectacle, a été élargie et englobe désormais « la représentation des intérêts professionnels » des artistes, quelle que soit l’appellation revendiquée (agent, manager, imprésario…). L’activité n’est plus soumise à l’attribution d’une licence délivrée par le ministère du Travail après approbation d’une commission mais fera l’objet d’une inscription de droit dans un registre national. L’assiette de rémunération de l’agent est élargie, elle aussi, à l’ensemble des revenus de l’artiste et son taux (plafonné jusqu’alors à 10 %) sera sensiblement réévalué (15 % voire 20 %) par décret. Cette réforme donne un statut au manager (qui n’en avait pas, tant qu’il avait mandat de représenter un ou deux artistes maximum), dont l’activité est maintenant soumise au même cadre que l’agent artistique.
Subsiste cependant un problème de taille. Toutes les incompatibilités professionnelles auxquelles était soumise l’activité d’agent (artiste du spectacle ; exploitant de lieux de spectacles ; programmateur radio ou télé ; administrateur, directeur artistique ou régisseur d’une entreprise de production de films : directeur artistique ou commercial d’entreprise d’édition et d’enregistrement de disques ou de tous autres supports d’enregistrement, fabricant d’instruments de musique, marchand de musique ou de sonorisation, loueur de matériel et d’espaces de spectacles…) ont été levées. Sauf une : celle de « producteur d’œuvres cinématographiques ou audiovisuelles », qui a été maintenue. Le syndicat des managers MMFF a tenté de faire passer un amendement pour exclure de ce champ les productions liées à la musique mais il n’a pas été retenu. Une aberration, puisque le terme – en l’absence de précision – englobe les vidéomusiques, les captations de concerts et, plus globalement, l’ensemble des programmes musicaux.
Le SPPAM, le syndicat des producteurs des programmes audiovisuels musicaux dont certains membres sont managers d’artistes, ne peut que se sentir concerné par ce problème. Hier sans statut, le manager pouvait être aussi producteur de vidéomusiques et de programmes musicaux. Désormais, il a un statut mais ne peut plus légalement cumuler les deux activités. Ce qui constitue un handicap au développement d’artistes, à plus forte raison dans le contexte de fragilité actuel.
Publié le mardi, juin 29 2010, par gonebad gonebad dans la catégorie : ACTUALITE - Lien permanent